vendredi 19 juin 2009

Message Elena Urrutia

Ç´est interessant de réflechir sur l´habitude de Proust. Sur le plaisir quón éprouve quand on "se sent chez soi"...Selon Proust, Ça consiste à poser sur les choses l´âme qui nous est familière au lieu de la leur qui nous effrayait. Ç´est l´inconnue qui nous effraye.Pourquoi? Parcequ´on a peur que l´inconnue a quoi on songe et qu´on le crois enchantée, sois ennuyeux...L´habitude peux devenir ennuyeuse...On peux même s´habituer aux chagrins, à ne pas les comprendre, à simplement les avoir jusqu´en s´ennuyer.Proust ou Madame de Cambremer, nous parle d´un peintre, Henri Eugène Le Sidaner( p. 205)qui peint l´habitude, la cotidianitée, des paysages avec une illumination diffuse et chaude et avec des personnages très humbles. Pendant que le petit Marcel "qui a peur de s´ennuyer", contredis Madame de Cambremer et lui décris le paysage comme une peinture de Poussin ( XVIII) avec ses merveilleuses nuages et fortes couleurs du ciel. Un ciel qui nous ennui pas...

vendredi 12 juin 2009

SODOME ET GOMHORRE p174

Notre héros, dont la compagnie est très apprécié par La Duchesse de Guermantes, a droit à une attitude très maternelle de sa part. Il faut dire qu´Oriane s´ennuyait beaucoup dans sa vie mondaine, elle nous rappelle la phrase de Marie Antoinette "j´ai peur de m´ennuyer".
Remarquable ascension dans l´échelle sociale d´Odette de Cressy avec son salon intellectuel autour de Bergote, l´écrivain ami des Swann depuis longtemps et mourant lui aussi comme Swann. Elles est entourée par des hommes prestigieux, le Marquis de Bréauté, le Prince d´Agrigente (Charlus), le comte de Turenne et de Bergote lui-même, lors d´une représentation d´une des pièces de ce dernier. Certaines nobles la recherchent parce qu´elle veulent paraître des intellectuelles « le goût de nouveauté qui porte les hommes du monde plus ou moins avides de se renseigner sur l´évolution intellectuelle….leur fait préférer d´habitude quelque maîtresse de maison jusque là inédite » p. 140. D´autres veulent la connaître par curiosité car elles s´imaginent qu´elle est musicienne ou quelque personnage extraordinaire alors que d´autres ne veulent pas la côtoyer comme Oriane, peut-être à cause des sentiments qu´elle éprouve pour Swann...
La définition que Proust nous fait des salons, est celle de « manifestations mondaines comme reflet lointain, brisé, incertain, trouble, changeant des mouvements artistiques, des crises politiques, de l´évolution qui porte le goût public vers le théâtre d´idées, puis vers la peinture impressionniste, puis vers la musique allemande et complexe, puis vers la musique russe et simple, ou vers les idées sociales, les idées de justice, la réaction religieuse, le sursaut patriotique », tout en étant inférieurs à tout cela.
Nous trouvons une grande opposition entre l´amour sensuel que Marcel ressent vis à vis d´Albertine et même de la femme de chambre de Mme Putbu, et l´amour tendre et profond qu´il éprouve pour sa grand-mère. Marcel a l´âge sexuel d´un adolescent car c´est incroyable qu´il ne fasse le voyage à Balbec que pour rencontrer l´accompagnatrice de Mme de Putbu dont Jean-Loup lui avait décrit la débauche.
Un aspect très important de ce passage c´est le positionnement de Proust comme narrateur et acteur à la fois. Comme narrateur il nous fait la démonstration de la recherche du temps perdu, moteur véritable de toute son œuvre, dans la scène dans laquelle il va chez Mme de Montmorency. Ce sont des raisons uniquement sensuelles et pas du tout liée au salon de celle-ci. Ces sensations que lui produisent l´escalier, la sonnerie, la fontaine de la maison de la dame, elles lui rappellent son enfance à Combray. Nous assistons à la reconstruction de l´auteur de son passé lorsqu´il parle de l´amour qu´il "avait" pour Albertine, un amour déjà éteint, alors que dans la scène où ils sont ensemble, ils s´embrassent et se caressent encore.
"Les intermittences du cœur", titre initialement songé par Proust au lieu de Sodome et Gomorrhe, met le doigt sur l´homosexualité en tant que maladie et pulsions sexuelles se trouvant à l´origine du changement permanent des sentiments. LES ÉLÈVES

jeudi 11 juin 2009

SODOME ET GOMORRHE p.134

Renversement de situation sur la véritable position politique du Prince et de la Princesse des Guermantes qui sont Dreyfusards mais qui, étant nobles, doivent garder les apparences de solidarité vis à vis de leur classe. N´oublions pas que les premiers Nobles étaient des Seigneurs féodaux capables de soutenir des armées pour défendre leurs serfs: c´était la Noblesse d´épée, ce qui explique leur support au Militaires eux, favorables à l´emprisonnement et à l´exile de Dreyfus.
Une autre découverte intéressante est l´origine espagnole d´Oriane. la duchesse des Guermantes. Nous retrouvons comme chez les rois, les mêmes alliances entre nobles de pays différents, alliances assurées par des mariages très souvent de raison. C´est ce qui expliquerait la tolérance des maîtresses et des amants jadis dans la monarchie et maintenant dans la noblesse. Nous parlons ici d´élites, au même titre que celle des Juifs, devenus une élite, et s´unissant au delà des frontières.
Pour mieux décrire, Proust fait le rapprochement de la magnificence de l´allure d´Oriane avec les peintures de Tiepolo, peintre vénitien du XVIII siècle. LES ÉLÈVES

jeudi 4 juin 2009

SODOME ET GOMORRHE La Fête (suite) p 100

Pour la première fois le lecteur découvre les sentiments réels d´amitié et d´affection que Swann éveille auprès du Duc et de la Duchesse des Guermantes. Admiré pour sa culture et son bon goût, appelé Charles et non Swann par Oriane, apprécié par le Duc pour le raffinement de son esprit et de son intelligence, recherché par les personnalités pour sa connaissance de l´art, il nous apparaît comme un être sentimentalement important dans la vie de ce couple qui souffre véritablement de le savoir Dreyfusard et de se sentir trahi par quelqu´un qu´il avait été ravie d´adhéré à sa caste, dépassant tous ses préjugés sur les juifs. Il est indéniable que Swann personnifie les valeurs nobles, le niveau d´éducation et l´esprit qu´il faut pour nourrir les salons de ces aristocrates, lieux de rencontre assez superficiels durant lesquels, seul les talents du verbe et de l´intellect, du savoir vivre selon les codes sociaux, pouvaient apporter une raison d´être. Un autre aspect essentiel de cette magnifique description est celui de l´esthétique, tout aussi important, d´autant plus que Proust étant homosexuel en est très sensible, ainsi que ses personnages, homosexuels eux aussi, et tout aussi fervents à la beauté. Tel est le cas de Charlus fasciné par la beauté de Mme de Surgis-le-Duc, ou bien l´affirmation du héros "Je compter me débarasser aux côtés d´Albertine....des regrets que ne me manquerez pas de laisser bien des visages charmants (car c´était aussi bien une soirée de jeunes filles..." p.46 Ainsi que toutes les descriptions peignant la beauté, aussi légère soit-elle, c´est une forme profonde de réflexion sur les riches gens et une des caratérisitiques de leur forme de vie. LES ÉLÈVES

vendredi 22 mai 2009

LA FÊTE p.100

La fête nous étonne sur plusieurs aspects: les maîtresses étaient connues de toute la société et elles se succédaient, se retrouvant parfois toutes dans le même lieu: Mme d´Arpajon et la duchesse de Surgis-le-Duc, maîtresses du duc des Guermantes. On percoit l´hypocrisie, les jeux de pouvoirs: en particulier ceux du Baron de Charlus, personnage parfois hilarant dans la scène avec le duc de Sidonia d´Espagne, tout deux ayant le défaut de ne pas se taire et parlant en même temps comme dans les pièces de Molière.
D´autre scènes dignes d´un grand humoriste sont, d´une part, celle du malheureux incident de Mme d´Arpajon qui cherchant sa rivale et son ex-amant le duc des Guermantes, est trempée par le jet d´eau, provoquant la gaieté du grand-duc Vladimir accompagné par "Bravo la vieille!" et celle où la duchesse des Guermantes subit la requête intempestive du musicien bavarois "Herweck" d´être présenté au duc des Guermantes qui, obligé par sa politesse, faut lui asséner un formidable coup de tête au ventre.
D´autres situations moins drôles pour être des humiliations de personnes en bas de l´échelle sociale, nous donnent une parfaite description de la hiérarchisation de la société francaise de l´époque et surtout du comportement et des valeurs des aristocrates. En ce sens l´auteur nous renseigne sur beaucoup de leurs facettes: leur lâcheté au moment de présenter Marcel au Prince des Guermantes ou celui de Mme Saint-Euverte face aux insultes du Baron Charlus, leur superficialité de se voir cités dans le Figaro , leur insignifiance à travers laquelle ils jugent les autres selon s´ils sont ou non invités par eux, leur masque qui cache leur véritable intention puisque pour eux, croire à la véritable amabilité est un manque d´éducation, leur bêtise plus forte encore que leur vanité, leur relations vides dans lesquelles "on ne se voit pas, on ne se dit pas les choses qu´on voudrait se dire", leur médisance autour du supposé conflit entre le Prince et Swann ou Bréauté et Fourbeville ont chacun sa propre version.
En même temps, les aristocrates et les bourgeois, nous explique Proust, conservent les mêmes gestes ancestraux et les mêmes codes sociaux, ils ne se différentient en rien car leur apparence physique est la même, ce qui d´ailleurs, leur permet de se mélanger. La seule différence qu´ils ont est celle de leur caste, "détail" important pour leur ego et pour l´imagination des autres.
Les deux personnages sans doute les plus remarquables, sont Swann et Charlus. L´un "cet homme, excellent, cultivé, que j´étais bien loin d´être ennuyé de rencontrer, je ne pouvais arriver à comprendre comment j´avais pu l´ensemencer autrefois d´un mystère tel que son apparition dans les Champs-Élysées me faisait battre le coeur au point que j´avais honte de m´approcher de sa pèlerine doublée de soie, qu´à la porte de l´appartement où vivait un tel être, je ne pouvais sonner sans être saisi d´un trouble et d´un effroi infinis"p.89 et l´autre "M. de Charlus qui avait su, jusqu´ici, non seulement garder, mais grandir encore sa situation de Guermantes, étant dans la société un être absolument privilégié, recherché, adulé par la société la plus choisie, et qui, marié à une princesse de Bourbon, femme éminente, avait su la rendre heureuse, avait voué à sa mémoire un culte plus fervent, plus exact qu´on n´a l´habitude dans le monde, et avait ainsi été aussi bon mari que bon firls?"p. 91,92. LES ÉLÈVES

vendredi 8 mai 2009

SODOME ET GOMORRHE p35

Le commencement de l´œuvre, nous plonge immédiatement dans le verset de la Bible sur Sodome et Gomorrhe, nous donnant déjà l´avant-goût sur ce que sera le thème central du livre: l´homosexualité. D´ailleurs le parallélisme que Proust fait entre le Bourdon et l´Orchidée est la métaphore parfaite pour décrire dans toute sa splendeur, le cortège amoureux entre deux invertis. Ridicule et comique, tendre et bestiale, la description du plus horrible coïte nous laisse bouche-bée face à l´extraordinaire jeux de mots et d´images et à la beauté du verbe dont Proust en détient l´immense talent littéraire. Recherche non seulement du temps perdu, mais aussi d´une perfection lexicale difficilement égalable.
D´autres remarques intéressantes surviennent sur les pratiques sexuelles; par exemple le dit-on sur la sodomie comme quoi ce serait un vice allemand. En ce qui concerne l´expression de "la race des tantes", c´est une invention de Balzac que Proust n´approuve pas car il considère qu´il y a des tantes tout à fait respectables et donc, qu´il faut respecter la société. D´une autre part, le mot homosexuel, semble trop germanique pour l´écrivain, raison pour laquelle il se décide pour "inverti".
Finalement, Baudelaire est le poète qui a commencé à écrire ouvertement sur l´homosexualité dans son recueil de poèmes "Les fleurs du mal" d´où l´admiration de Proust envers lui. LES ÉLÈVES

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