vendredi 22 mai 2009

LA FÊTE p.100

La fête nous étonne sur plusieurs aspects: les maîtresses étaient connues de toute la société et elles se succédaient, se retrouvant parfois toutes dans le même lieu: Mme d´Arpajon et la duchesse de Surgis-le-Duc, maîtresses du duc des Guermantes. On percoit l´hypocrisie, les jeux de pouvoirs: en particulier ceux du Baron de Charlus, personnage parfois hilarant dans la scène avec le duc de Sidonia d´Espagne, tout deux ayant le défaut de ne pas se taire et parlant en même temps comme dans les pièces de Molière.
D´autre scènes dignes d´un grand humoriste sont, d´une part, celle du malheureux incident de Mme d´Arpajon qui cherchant sa rivale et son ex-amant le duc des Guermantes, est trempée par le jet d´eau, provoquant la gaieté du grand-duc Vladimir accompagné par "Bravo la vieille!" et celle où la duchesse des Guermantes subit la requête intempestive du musicien bavarois "Herweck" d´être présenté au duc des Guermantes qui, obligé par sa politesse, faut lui asséner un formidable coup de tête au ventre.
D´autres situations moins drôles pour être des humiliations de personnes en bas de l´échelle sociale, nous donnent une parfaite description de la hiérarchisation de la société francaise de l´époque et surtout du comportement et des valeurs des aristocrates. En ce sens l´auteur nous renseigne sur beaucoup de leurs facettes: leur lâcheté au moment de présenter Marcel au Prince des Guermantes ou celui de Mme Saint-Euverte face aux insultes du Baron Charlus, leur superficialité de se voir cités dans le Figaro , leur insignifiance à travers laquelle ils jugent les autres selon s´ils sont ou non invités par eux, leur masque qui cache leur véritable intention puisque pour eux, croire à la véritable amabilité est un manque d´éducation, leur bêtise plus forte encore que leur vanité, leur relations vides dans lesquelles "on ne se voit pas, on ne se dit pas les choses qu´on voudrait se dire", leur médisance autour du supposé conflit entre le Prince et Swann ou Bréauté et Fourbeville ont chacun sa propre version.
En même temps, les aristocrates et les bourgeois, nous explique Proust, conservent les mêmes gestes ancestraux et les mêmes codes sociaux, ils ne se différentient en rien car leur apparence physique est la même, ce qui d´ailleurs, leur permet de se mélanger. La seule différence qu´ils ont est celle de leur caste, "détail" important pour leur ego et pour l´imagination des autres.
Les deux personnages sans doute les plus remarquables, sont Swann et Charlus. L´un "cet homme, excellent, cultivé, que j´étais bien loin d´être ennuyé de rencontrer, je ne pouvais arriver à comprendre comment j´avais pu l´ensemencer autrefois d´un mystère tel que son apparition dans les Champs-Élysées me faisait battre le coeur au point que j´avais honte de m´approcher de sa pèlerine doublée de soie, qu´à la porte de l´appartement où vivait un tel être, je ne pouvais sonner sans être saisi d´un trouble et d´un effroi infinis"p.89 et l´autre "M. de Charlus qui avait su, jusqu´ici, non seulement garder, mais grandir encore sa situation de Guermantes, étant dans la société un être absolument privilégié, recherché, adulé par la société la plus choisie, et qui, marié à une princesse de Bourbon, femme éminente, avait su la rendre heureuse, avait voué à sa mémoire un culte plus fervent, plus exact qu´on n´a l´habitude dans le monde, et avait ainsi été aussi bon mari que bon firls?"p. 91,92. LES ÉLÈVES

2 commentaires:

  1. Deux hommes de lettres cités par le Duc des Guermantes.
    Gabriele D'Annunzio, poète italien (1863-1938)À l'âge de seize ans, il publie son premier recueil poétique, intitulé Primo Vere (1879). La plupart des nouvelles, ensuite recueillies sous le titre San Pantaleone (1886). La critique littéraire voit très vite en lui un enfant prodige. Son premier roman, Le Plaisir, paru en 1889, est suivi en 1891 par L'Innocent et Giovanni Episcopo en 1892. Ces trois romans font une forte impression sur le public. L'Innocent, traduit en français par Georges Hérelle est encensé par les critiques littéraires étrangers.
    Le poète écrivit une pièce, en 1909, intitulée Fedra où la tragédie grecque prend un autre sens : la mort d'Hippolyte provoquée par Phèdre n'est pas une vengeance mais la possibilité, pour l'amante qui se donne la mort, de connaître dans l'au-delà l'amour incestueux qui était inconcevable ici-bas.

    Henrik Johan Ibsen (20 mars 1828, Skien, Norvège - 23 mai 1906, Chirsitania) est un dramaturge norvégien. En 1864, il obtient une bourse, et quitte la Norvège pour Rome. Il ne revient pas dans son pays d'origine avant vingt-sept ans. Il voyage à travers l'Europe, passant par l´Allemagne, l´Autriche et l´Italie, et son écriture s'incline vers le réalisme social, délaissant les influences du romantisme. Le drame social Une Maison de poupée (1879) obtient un succès international et dans les années qui suivent, sa renommée devient telle que ses pièces sont montées presque simultanément dans les capitales d'Europe.
    Il s´agit de Nora, personnage principal de la pièce, est mariée depuis huit ans à Torvald Helmer, un directeur de banque avec lequel elle a eu trois enfants. Le rôle de Nora dans son mariage consiste en celui d'une simplette : son mari ne cesse de l'appeler son alouette ou son petit écureuil ; elle n'est pas prise au sérieux par son mari ; Helmer se contente de lui donner des directives. Cela sans méchanceté aucune de la part d'Helmer, qui considère simplement que c'est le rapport normal entre hommes et femmes, comme le veut l'opinion de son époque.
    Suite à une maladie de son mari, le médecin annonce à Nora que le seul moyen de sauver ce dernier est de l'emmener faire un voyage en Italie, où le repos lui donnera guérison. Le voyage coûtant cher et Nora n'ayant pas les moyens, elle ne trouve d'autre recours que de faire une inscription de faux en écriture publique, sans toutefois connaître la gravité de son acte.
    Quelques temps après le retour de leur voyage, Helmer finit par être mis au courant du faux en écriture commis par sa femme : Krogstad ( la personne ayant prêté l'argent à Nora ) envoie une lettre expliquant le tout à Helmer. Ce dernier réagit avec horreur, dégoût et colère. Il ne pense qu'à sa réputation, et qualifie l'amour qui a inspiré Nora à agir ainsi de « prétexte stupide ».
    Peu après, une seconde lettre parvient à Helmer, contenant la reconnaissance de dette : Krogstad renonce à rendre l'affaire publique. Suite à quoi Helmer pardonne sa femme. Contrairement à un drame conventionnel victoirien, la pièce ne s'arrête pas là.
    Nora réalise qu'elle vient d'avoir la première conversation sérieuse avec son mari depuis qu'ils se connaissent. Elle ajoute que son père la traitait lui aussi comme une poupée. Nora quitte son mari pour mieux comprendre le monde qu'il l'entoure, trouver ses réponses aux grandes questions de la vie ( un réel passage à l'adolescence ). Dans l'optique d'un possible retour une fois cela accompli, elle impose une condition à son mari : « que leur vie en commun puisse devenir un mariage ».

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  2. Située au nord-ouest du département de Seine et Marne, la commune de Guermantes se trouve à 30 km à l'est de Paris (Porte de Bercy). Administrativement, elle dépend du canton de Thorigny sur Marne et de l'arrondissement de Meaux. D'une superficie de 126 hectares, Guermantes est bordée au nord par Gouvernes et Conches sur Gondoire, et limitée au sud par Bussy Saint Georges. Elle compte 1414 habitants.
    Bien qu'il soit fait mention, dès le XIVe siècle, dans un manuscrit des chanoines de l'abbaye de Sainte Geneviève, de terres situées."in via de Guermant." ce n'est qu'au XVIIe siècle que le village prendra définitivement le nom de Guermantes, lorsque Pierre VIOLE, ancien président du Parlement de Paris, et fils de Claude VIOLE qui décida la construction du château, se qualifie de « Seigneur de Guermantes ci-devant Le Chemin ». Décédé en 1667, il repose dans l'église du village.
    Le nom de Guermantes a été immortalisé par Marcel PROUST (1871-1922) dans l'ensemble « A la recherche du temps perdu » publié de 1913 à 1927. L'écrivain était l'ami intime du petit fils d'une des propriétaires qu'il entendait souvent parler de Guermantes. Proust est séduit par la consonance de ce nom qui excite son imagination. Il s'enquiert de savoir s'il peut « disposer en toute liberté du nom de Guermantes, que je voudrais à la fois illustrer et salir ». Il viendra à Guermantes faire une visite pour remercier les propriétaires de l'avoir autorisé à ajouter aux ombres du passé la noble et altière figure de la Duchesse de Guermantes.

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