La fête nous étonne sur plusieurs aspects: les maîtresses étaient connues de toute la société et elles se succédaient, se retrouvant parfois toutes dans le même lieu: Mme d´Arpajon et la duchesse de Surgis-le-Duc, maîtresses du duc des Guermantes. On percoit l´hypocrisie, les jeux de pouvoirs: en particulier ceux du Baron de Charlus, personnage parfois hilarant dans la scène avec le duc de Sidonia d´Espagne, tout deux ayant le défaut de ne pas se taire et parlant en même temps comme dans les pièces de Molière.
D´autre scènes dignes d´un grand humoriste sont, d´une part, celle du malheureux incident de Mme d´Arpajon qui cherchant sa rivale et son ex-amant le duc des Guermantes, est trempée par le jet d´eau, provoquant la gaieté du grand-duc Vladimir accompagné par "Bravo la vieille!" et celle où la duchesse des Guermantes subit la requête intempestive du musicien bavarois "Herweck" d´être présenté au duc des Guermantes qui, obligé par sa politesse, faut lui asséner un formidable coup de tête au ventre.
D´autres situations moins drôles pour être des humiliations de personnes en bas de l´échelle sociale, nous donnent une parfaite description de la hiérarchisation de la société francaise de l´époque et surtout du comportement et des valeurs des aristocrates. En ce sens l´auteur nous renseigne sur beaucoup de leurs facettes: leur lâcheté au moment de présenter Marcel au Prince des Guermantes ou celui de Mme Saint-Euverte face aux insultes du Baron Charlus, leur superficialité de se voir cités dans le Figaro , leur insignifiance à travers laquelle ils jugent les autres selon s´ils sont ou non invités par eux, leur masque qui cache leur véritable intention puisque pour eux, croire à la véritable amabilité est un manque d´éducation, leur bêtise plus forte encore que leur vanité, leur relations vides dans lesquelles "on ne se voit pas, on ne se dit pas les choses qu´on voudrait se dire", leur médisance autour du supposé conflit entre le Prince et Swann ou Bréauté et Fourbeville ont chacun sa propre version.
En même temps, les aristocrates et les bourgeois, nous explique Proust, conservent les mêmes gestes ancestraux et les mêmes codes sociaux, ils ne se différentient en rien car leur apparence physique est la même, ce qui d´ailleurs, leur permet de se mélanger. La seule différence qu´ils ont est celle de leur caste, "détail" important pour leur ego et pour l´imagination des autres.
Les deux personnages sans doute les plus remarquables, sont Swann et Charlus. L´un "cet homme, excellent, cultivé, que j´étais bien loin d´être ennuyé de rencontrer, je ne pouvais arriver à comprendre comment j´avais pu l´ensemencer autrefois d´un mystère tel que son apparition dans les Champs-Élysées me faisait battre le coeur au point que j´avais honte de m´approcher de sa pèlerine doublée de soie, qu´à la porte de l´appartement où vivait un tel être, je ne pouvais sonner sans être saisi d´un trouble et d´un effroi infinis"p.89 et l´autre "M. de Charlus qui avait su, jusqu´ici, non seulement garder, mais grandir encore sa situation de Guermantes, étant dans la société un être absolument privilégié, recherché, adulé par la société la plus choisie, et qui, marié à une princesse de Bourbon, femme éminente, avait su la rendre heureuse, avait voué à sa mémoire un culte plus fervent, plus exact qu´on n´a l´habitude dans le monde, et avait ainsi été aussi bon mari que bon firls?"p. 91,92. LES ÉLÈVES
vendredi 22 mai 2009
vendredi 8 mai 2009
SODOME ET GOMORRHE p35
Le commencement de l´œuvre, nous plonge immédiatement dans le verset de la Bible sur Sodome et Gomorrhe, nous donnant déjà l´avant-goût sur ce que sera le thème central du livre: l´homosexualité. D´ailleurs le parallélisme que Proust fait entre le Bourdon et l´Orchidée est la métaphore parfaite pour décrire dans toute sa splendeur, le cortège amoureux entre deux invertis. Ridicule et comique, tendre et bestiale, la description du plus horrible coïte nous laisse bouche-bée face à l´extraordinaire jeux de mots et d´images et à la beauté du verbe dont Proust en détient l´immense talent littéraire. Recherche non seulement du temps perdu, mais aussi d´une perfection lexicale difficilement égalable.
D´autres remarques intéressantes surviennent sur les pratiques sexuelles; par exemple le dit-on sur la sodomie comme quoi ce serait un vice allemand. En ce qui concerne l´expression de "la race des tantes", c´est une invention de Balzac que Proust n´approuve pas car il considère qu´il y a des tantes tout à fait respectables et donc, qu´il faut respecter la société. D´une autre part, le mot homosexuel, semble trop germanique pour l´écrivain, raison pour laquelle il se décide pour "inverti".
Finalement, Baudelaire est le poète qui a commencé à écrire ouvertement sur l´homosexualité dans son recueil de poèmes "Les fleurs du mal" d´où l´admiration de Proust envers lui. LES ÉLÈVES
D´autres remarques intéressantes surviennent sur les pratiques sexuelles; par exemple le dit-on sur la sodomie comme quoi ce serait un vice allemand. En ce qui concerne l´expression de "la race des tantes", c´est une invention de Balzac que Proust n´approuve pas car il considère qu´il y a des tantes tout à fait respectables et donc, qu´il faut respecter la société. D´une autre part, le mot homosexuel, semble trop germanique pour l´écrivain, raison pour laquelle il se décide pour "inverti".
Finalement, Baudelaire est le poète qui a commencé à écrire ouvertement sur l´homosexualité dans son recueil de poèmes "Les fleurs du mal" d´où l´admiration de Proust envers lui. LES ÉLÈVES
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