vendredi 12 juin 2009

SODOME ET GOMHORRE p174

Notre héros, dont la compagnie est très apprécié par La Duchesse de Guermantes, a droit à une attitude très maternelle de sa part. Il faut dire qu´Oriane s´ennuyait beaucoup dans sa vie mondaine, elle nous rappelle la phrase de Marie Antoinette "j´ai peur de m´ennuyer".
Remarquable ascension dans l´échelle sociale d´Odette de Cressy avec son salon intellectuel autour de Bergote, l´écrivain ami des Swann depuis longtemps et mourant lui aussi comme Swann. Elles est entourée par des hommes prestigieux, le Marquis de Bréauté, le Prince d´Agrigente (Charlus), le comte de Turenne et de Bergote lui-même, lors d´une représentation d´une des pièces de ce dernier. Certaines nobles la recherchent parce qu´elle veulent paraître des intellectuelles « le goût de nouveauté qui porte les hommes du monde plus ou moins avides de se renseigner sur l´évolution intellectuelle….leur fait préférer d´habitude quelque maîtresse de maison jusque là inédite » p. 140. D´autres veulent la connaître par curiosité car elles s´imaginent qu´elle est musicienne ou quelque personnage extraordinaire alors que d´autres ne veulent pas la côtoyer comme Oriane, peut-être à cause des sentiments qu´elle éprouve pour Swann...
La définition que Proust nous fait des salons, est celle de « manifestations mondaines comme reflet lointain, brisé, incertain, trouble, changeant des mouvements artistiques, des crises politiques, de l´évolution qui porte le goût public vers le théâtre d´idées, puis vers la peinture impressionniste, puis vers la musique allemande et complexe, puis vers la musique russe et simple, ou vers les idées sociales, les idées de justice, la réaction religieuse, le sursaut patriotique », tout en étant inférieurs à tout cela.
Nous trouvons une grande opposition entre l´amour sensuel que Marcel ressent vis à vis d´Albertine et même de la femme de chambre de Mme Putbu, et l´amour tendre et profond qu´il éprouve pour sa grand-mère. Marcel a l´âge sexuel d´un adolescent car c´est incroyable qu´il ne fasse le voyage à Balbec que pour rencontrer l´accompagnatrice de Mme de Putbu dont Jean-Loup lui avait décrit la débauche.
Un aspect très important de ce passage c´est le positionnement de Proust comme narrateur et acteur à la fois. Comme narrateur il nous fait la démonstration de la recherche du temps perdu, moteur véritable de toute son œuvre, dans la scène dans laquelle il va chez Mme de Montmorency. Ce sont des raisons uniquement sensuelles et pas du tout liée au salon de celle-ci. Ces sensations que lui produisent l´escalier, la sonnerie, la fontaine de la maison de la dame, elles lui rappellent son enfance à Combray. Nous assistons à la reconstruction de l´auteur de son passé lorsqu´il parle de l´amour qu´il "avait" pour Albertine, un amour déjà éteint, alors que dans la scène où ils sont ensemble, ils s´embrassent et se caressent encore.
"Les intermittences du cœur", titre initialement songé par Proust au lieu de Sodome et Gomorrhe, met le doigt sur l´homosexualité en tant que maladie et pulsions sexuelles se trouvant à l´origine du changement permanent des sentiments. LES ÉLÈVES

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