Le commencement de l´œuvre, nous plonge immédiatement dans le verset de la Bible sur Sodome et Gomorrhe, nous donnant déjà l´avant-goût sur ce que sera le thème central du livre: l´homosexualité. D´ailleurs le parallélisme que Proust fait entre le Bourdon et l´Orchidée est la métaphore parfaite pour décrire dans toute sa splendeur, le cortège amoureux entre deux invertis. Ridicule et comique, tendre et bestiale, la description du plus horrible coïte nous laisse bouche-bée face à l´extraordinaire jeux de mots et d´images et à la beauté du verbe dont Proust en détient l´immense talent littéraire. Recherche non seulement du temps perdu, mais aussi d´une perfection lexicale difficilement égalable.
D´autres remarques intéressantes surviennent sur les pratiques sexuelles; par exemple le dit-on sur la sodomie comme quoi ce serait un vice allemand. En ce qui concerne l´expression de "la race des tantes", c´est une invention de Balzac que Proust n´approuve pas car il considère qu´il y a des tantes tout à fait respectables et donc, qu´il faut respecter la société. D´une autre part, le mot homosexuel, semble trop germanique pour l´écrivain, raison pour laquelle il se décide pour "inverti".
Finalement, Baudelaire est le poète qui a commencé à écrire ouvertement sur l´homosexualité dans son recueil de poèmes "Les fleurs du mal" d´où l´admiration de Proust envers lui. LES ÉLÈVES
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Proust fait toujours allusion à l´art: l´opéra, la peinture, l´histoire, poésie…
RépondreSupprimerLa dernière fois, Proust cite de nouveau l´Opéra de Phèdre, la dernière tragédie profane de Racine (1639-1699) avant un long silence de douze ans au cours duquel il se consacrera au service du roi et à la religion. Cette œuvre de Racine que Proust adore, réapparaît tout au long de ses livres. Le personnage de Phèdre est l’un des plus remarquables des tragédies de Racine: elle est à la fois coupable du malheur des autres et victime de ses pulsions.
Quant à « La Bataille des Boers », celle-ci fait allusion aux descendants des premiers colons d'origine néerlandaise, allemande et française, arrivés en Afrique du Sud au XVIIe et XVIIIe siècle qui établirent deux républiques boers, l'Etat libre d'Orange et la république sud-africaine du Transvaal. Ils perdirent leur indépendance et furent intégrées à l'Empire britannique, d´où l´expression "ils ont lutté comme des Boers". Le terme de Boer (paysan), qui désignait principalement les habitants des républiques boers, laissera, au XXe siècle, la place à celui d'Afrikaner pour désigner l'ensemble de cette communauté blanche d'Afrique du Sud.
RépondreSupprimerL´auteur nous parle aussi de Caravaggio (Polydore de Caravage 1495 - 1543), peintre italien, élève de Raphaël et originaire de la ville de Caravaggio. On assimile son œuvre à un idéal de perfection et de beauté, accompagné d´une certaine frivolité. Il est considéré comme le concepteur des décorations en chiaroscuro (clair-obscur) et réalise des portraits, d'enfants notamment et d'inconnus qu'il croise dans la rue, dans les auberges ou dans les bordels.
RépondreSupprimerDeux hommes de lettres cités par le Duc des Guermantes.
RépondreSupprimerGabriele D'Annunzio, poète italien (1863-1938)À l'âge de seize ans, il publie son premier recueil poétique, intitulé Primo Vere (1879). La plupart des nouvelles, ensuite recueillies sous le titre San Pantaleone (1886). La critique littéraire voit très vite en lui un enfant prodige. Ce qui est intéressant, c´est qu´il écrivit une pièce, en 1909, intitulée Fedra (très appréciée par Proust), où la tragédie grecque prend un autre sens : la mort d'Hippolyte provoquée par Phèdre n'est pas une vengeance mais la possibilité, pour l'amante qui se donne la mort, de connaître dans l'au-delà l'amour incestueux qui était inconcevable ici-bas.
Henrik Johan Ibsen (20 mars 1828, Skien, Norvège - 23 mai 1906, Chirsitania) est un dramaturge norvégien. En 1864, il obtient une bourse, et quitte la Norvège pour Rome. Il ne revient pas dans son pays d'origine avant vingt-sept ans. Il voyage à travers l'Europe, passant par l´Allemagne, l´Autriche et l´Italie, et son écriture s'incline vers le réalisme social, délaissant les influences du romantisme. Une Maison de poupée (1879) obtient un succès international et dans les années qui suivent, sa renommée devient telle que ses pièces sont montées presque simultanément dans les capitales d'Europe.
Quand le Duc des Guermantes n´est pas trop d´accord avec de telles lectures pour sa femme, c´est peut être à cause de l´histoire de l´œuvre racontant l´émancipation de Nora, personnage principal de la pièce, mariée depuis huit ans à Torvald Helmer, un directeur de banque avec lequel elle a eu trois enfants et dont le rôle est celui d'une simplette : son mari ne cesse de l'appeler son alouette ou son petit écureuil ; elle n'est pas prise au sérieux par celui-ci, rapport normal entre hommes et femmes de son époque. Audacieuse, elle réussit à trouver de l´argent d´une façon malhonnête pour sauver son mari de la mort pour cause d´une maladie ce qui, une fois découverte, lui vaut la colère, le dégoût et l´horreur de Torvald.
Nora réalise qu'elle vient d'avoir la première conversation sérieuse avec lui depuis qu'ils se connaissent. Elle le quitte pour mieux comprendre le monde qu'il l'entoure, trouver ses réponses aux grandes questions de la vie. Dans l'optique d'un possible retour une fois cela accompli, elle impose une condition à M. Helmer : « que leur vie en commun puisse devenir un mariage ».